Éditeur de logiciels de gestion et de solutions cloud pour les entreprises, Cegid place le bien-être au travail au cœur de ses engagements. C’est dans cette démarche que s’inscrit la mise en place de la formation aux Premiers secours en santé mentale pour les collaborateurs de l’entreprise.


Voici le témoignage d’Emilie Gargano, Human Resources Business Partner chez Cegid et secouriste en santé mentale.
Comment votre entreprise, Cegid, s’engage-t-elle dans la protection de la santé mentale de ses collaborateurs ?
Nous avons une politique très forte autour du handicap, avec une Mission Handicap qui a fêté ses 20 ans l’année dernière. Tous les sujets liés au handicap, et notamment à la santé des salariés, y sont abordés.
La santé mentale est un engagement plus récent. C’est même un point fort pour cette année 2026 ! Avec la Mission Handicap, l’infirmière et des collaborateurs volontaires, nous avançons progressivement sur ce sujet. Nous avons déjà organisé un webinaire thématique consacré à la santé mentale, mené des actions de sensibilisation et proposé la formation PSSM au début de l’année.
Quelle place occupe la formation PSSM dans la politique de votre entreprise ?
La formation PSSM s’inscrit pleinement dans notre politique de bien-être au travail et dans les actions portées par la Mission Handicap.
Nous avons pour l’instant organisé deux sessions de formation réunissant des sauveteurs secouristes du travail (SST) et du personnel des Ressources humaines.
L’objectif : permettre à des collaborateurs volontaires d’acquérir les réflexes des premiers secours en santé mentale afin de mieux repérer, écouter et orienter leurs collègues si nécessaire. Le fait de proposer une formation telle que PSSM à nos collaborateurs est important, ce n’est pas qu’une simple sensibilisation au sujet de la santé mentale.
Plus largement, nous menons aussi des actions sur l’égalité femmes-hommes, la parentalité ou encore les proches aidants. Nous souhaitons créer un environnement inclusif dans lequel chacun peut réaliser son potentiel et où chacun se sent écouté, accompagné et libre d’aborder les questions de santé mentale.
Y a-t-il un trouble psychique que vous identifiez plus particulièrement ou plus fréquemment auprès de votre public ?
Comme dans toutes les entreprises, le stress et l’anxiété peuvent toucher nos collaborateurs. Ce sont vraiment les maux de notre époque. Nous sommes également confrontés à des situations de burn-out.
Parfois, j’accompagne des collaborateurs dont la pathologie est connue parce qu’ils ont souhaité aller au-delà de la simple reconnaissance de leur qualité de travailleur handicapé. Ils choisissent d’en parler avec leur manager afin d’être mieux accompagnés. Cela reste des données très confidentielles et nous ne les connaissons pas toujours.
Nous ne sommes pas soignants, nous ne pouvons donc pas poser un diagnostic sur un sentiment de stress ou d’anxiété. Je reste donc très prudente sur ces sujets.
En tant que secouriste en santé mentale, comment intégrez-vous les compétences acquises lors de la formation dans votre quotidien professionnel ? Avez-vous un exemple à partager ?
Depuis la formation, je n’ai pas eu à gérer de situations difficiles. Toutefois, il y a quelques années, je me suis retrouvée très démunie face à la détresse d’un salarié. Nous avions d’ailleurs des préoccupations concernant sa sécurité. Heureusement, son manager, ayant déjà vécu une situation similaire, a su bien réagir et, ensemble, nous avons réussi à l’accompagner correctement.
À ce moment-là, je me souviens m’être dit qu’il était dommage de ne pas être davantage outillés, en tant que RH, sur les questions de santé mentale. Voilà pourquoi, j’ai vraiment apprécié suivre la formation PSSM. Elle m’a donné des clés pour adapter mon comportement, que j’aie connaissance ou non d’un trouble de santé mentale chez un collaborateur. Aujourd’hui, si je devais être confrontée à une situation plus complexe, je pense que je serais beaucoup mieux armée pour réagir.
« La formation a aussi changé ma façon d’écouter. En tant que RH, notre premier réflexe est souvent de vouloir résoudre rapidement un problème. Désormais, j’accorde beaucoup plus d’importance à l’écoute active »
Emilie Gargano, Human Resources Business Partner chez Cegid – et secouriste en santé mentale.
Au lieu de chercher immédiatement une solution, je fais d’abord attention à la manière dont je pose mes questions, à l’espace que je laisse à la personne pour s’exprimer. Si cela est nécessaire, je l’oriente ensuite vers les ressources adaptées.
D’un point de vue personnel, que vous a apporté cette formation de secouriste en santé mentale ?
J’ai particulièrement apprécié tout le travail de déconstruction des représentations et des préjugés que nous pouvons avoir sur la santé mentale.
La formation PSSM permet vraiment de prendre conscience que nous avons tous des biais, même lorsqu’ils sont implicites. En tant que professionnelle des ressources humaines, je suis souvent un point d’appui pour les collaborateurs. Cette compréhension m’est donc essentielle.
PSSM sensibilise aussi à l’importance du vocabulaire que l’on emploie. Des expressions comme « il est fou » ou « il est autiste » sont parfois utilisées très facilement. Cela me dérangeait déjà auparavant, mais désormais, j’ai plus d’arguments pour expliquer pourquoi ces formulations ne sont pas appropriées.
L’anxiété est également un sujet qui m’a particulièrement parlé. Beaucoup de personnes peuvent traverser ce type de difficulté à un moment de leur vie, avec des conséquences importantes sur leur travail et leurs relations qu’il ne faut pas sous-estimer.
Enfin, ce qui m’a sans doute le plus marquée, c’est la question du risque suicidaire. Nous avons souvent le réflexe de penser qu’il ne faut surtout pas demander directement à quelqu’un s’il a des idées suicidaires. Or, la formation nous explique qu’au contraire, cette question est essentielle. Le fait de pouvoir la verbaliser aide à évaluer l’urgence de la situation pour ensuite prendre des décisions adaptées.
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