Articles Témoignage Université de Strasbourg : former des étudiants secouristes capables d’écouter et de réagir face aux situations de détresse de leurs pairs

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17 Juil 2026 Temps de lecture : 7 minute(s).

Université de Strasbourg : former des étudiants secouristes capables d’écouter et de réagir face aux situations de détresse de leurs pairs

Jeunes
Université de Strasbourg - PSSM Formation

Pour répondre aux enjeux de santé mentale, très présents chez les étudiants, l’Université de Strasbourg met en place de nombreuses actions de prévention, d’accompagnement et de soins. Elle a également pour objectif d’organiser une dizaine de sessions par an pour former des étudiants aux Premiers secours en santé mentale.

docteur Yannick Schmitt - secouriste santé mentale PSSM Formation

Rencontre avec le docteur Yannick Schmitt, médecin généraliste, directeur du service de santé des étudiants, secouriste en santé mentale et moteur de ce projet.

Comment l’Université de Strasbourg s’engage-t-elle dans la protection de la santé mentale de ses étudiants ?

Sur le campus, plusieurs actions sont déployées pour favoriser une bonne santé mentale et le bien-être de nos étudiants :

Aux consultations médicales et infirmières du quotidien s’ajoutent les consultations de psychologues et de psychiatres. Au total, cela représente près de 30 000 actes sur une année pour l’Université de Strasbourg, dont un tiers de ces actes concernent des sujets de santé mentale.

D’autres actions proposées par des infirmières visent plus largement le bien-être des étudiants, telles que la gestion du stress au travers d’outils comme la cohérence cardiaque, l’hypnose ou encore la médiation animale.

Nous avons également 12 étudiants-relais « rescue » pour répondre à toutes les interrogations des étudiants sur leur santé et leur bien-être. En pratique, les sujets de santé mentale sont les plus abordés. Les étudiants-relais réorientent ensuite chaque étudiant de manière adaptée.

Depuis cette année, l’université développe également des prescriptions d’activité physique adaptée sur des problématiques de santé mentale ou de troubles du sommeil. Un projet de prescriptions d’activités culturelles est aussi en cours avec les services culturels.

L’université de Strasbourg s’appuie aussi sur le dispositif national Santé Psy Étudiant, qui permet un accès gratuit à des consultations psychologiques. Ce dispositif a littéralement explosé depuis 2 ans, passant de 6 500 à plus de 12 500 actes en un an pour 2025. La demande est énorme !

Plus largement, l’Université de Strasbourg est engagée dans une démarche nationale de campus promoteur de santé. L’idée est d’agir sur tous les déterminants de santé des étudiants qui vont bien au-delà du soin ou de la seule présence d’un service de santé.

Université de Strasbourg - PSSM Formation

Comment s’inscrit la formation PSSM dans la politique de l’Université de Strasbourg ?

La volonté de développer les Premiers secours en santé mentale est née d’un constat simple : chaque année, nous avons de nombreuses demandes d’étudiants auxquelles nous ne pouvons pas répondre.

Il y a un an, une première session de formation a été menée auprès des responsables d’association grâce à un financement de la Région Grand Est. En quelques heures, les inscriptions étaient pleines.

L’université de Strasbourg souhaite désormais structurer davantage le dispositif. Nous envisageons de former cinq personnes aux PSSM module Jeunes sur l’université pour ensuite pouvoir décliner les formations en binôme et en proposer le plus possible sur l’année universitaire. L’objectif est de pouvoir organiser une dizaine de sessions par an avec des étudiants.

L’université de Strasbourg souhaite également aller plus loin en prenant en charge le coût de la formation pour les étudiants grâce à un partenariat avec notre fondation.

Y a-t-il un trouble psychique que vous identifiez plus particulièrement ou plus fréquemment auprès de votre public étudiant ?

Les problématiques les plus fréquemment rencontrées sont liées au stress, à l’anxiété, aux troubles de l’humeur et à la dépression. Les conduites addictives peuvent également être présentes, tout comme les risques de suicide, même si cela est plus rare. Dans une même promotion d’étudiants, il y a forcément des étudiants dans ces situations, qui ne vont pas bien.

Il est vrai que les études tendent à montrer qu’il y a plus de souffrance psychologique chez les jeunes actuellement. Une des premières aides que l’on peut leur apporter, est de les approcher de manière bienveillante et de les écouter quand ils sont prêts à en parler.

« Ce qui est très positif, c’est qu’on parle plus de santé mentale. Les étudiants ont plus de facilité à parler et de manière très ouverte. Il est normal pour eux de demander un rendez-vous chez le psychologue, sans aucun tabou »

Dr Yannick Schmitt, médecin généraliste, directeur du service de santé des étudiants et secouriste en santé mentale

docteur Yannick Schmitt - secouriste santé mentale PSSM Formation

En tant que secouriste en santé mentale, comment intégrez-vous les compétences acquises lors de la formation dans votre quotidien professionnel ?

Étant médecin généraliste et déjà très sensibilisé aux questions de santé mentale, la formation PSSM ne modifiera pas fondamentalement ma pratique quotidienne. Lors des consultations, je prêtais déjà une attention particulière à aborder ce volet-là de la santé avec chaque étudiant.

En revanche, la formation PSSM renforce mon envie de développer rapidement le dispositif auprès du plus grand nombre d’étudiants possible.

Pour les futurs étudiants-secouristes, l’objectif est avant tout de savoir écouter et réagir en cas de souci, en cas de détresse.

Cover podcast Le lien - santé mentale des adolescents

Vous êtes parent ou proche d’un adolescent et vous vous interrogez sur sa santé mentale, ses émotions, son comportement ou son éventuel mal-être ?

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Avez-vous un exemple de situation où la formation PSSM vous a été utile ?

Je ne dispose pas encore d’exemple concret, car je viens de réaliser la formation. En revanche, je tiens à souligner un enseignement particulièrement marquant issu de la formation : l’importance du travail transversal entre les différents services de l’université.

Parmi les personnes formées aux PSSM, un collègue issu du service d’innovation pédagogique accompagne des étudiants en difficulté dans leur parcours universitaire.

Son regard n’est donc pas forcément médical, bien que lorsqu’un étudiant rencontre des difficultés pédagogiques, il a très souvent aussi des difficultés de santé mentale. Et inversement.

Il est donc nécessaire de travailler ensemble autour des étudiants. C’est pourquoi nous essayons de favoriser les échanges entre services et d’avoir un discours et un accompagnement commun.

Que vous a apporté cette formation de secouriste en santé mentale ?

C’est une formation très intéressante, une formation citoyenne, pas forcément destinée aux professionnels de santé. Mais cela reste tout à fait intéressant pour un professionnel de santé d’avoir des apports, des mises à jour, mais aussi de profiter de la dynamique du groupe.

Je retiens également particulièrement l’approche accessible et ouverte de la formation. Les PSSM donnent des clés et des outils pratiques pour mieux prendre en compte la souffrance de l’autre et savoir comment réagir.

C’est précisément ce qui nous motive aujourd’hui à rendre cette formation accessible au plus grand nombre d’étudiants au sein de notre université.

Pour aller plus loin

Se former pour aider quelqu’un qui ne va pas bien

Devenir secouriste

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