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03 Juil 2026 Temps de lecture : 7 minute(s).

Les nombreuses actions de Nantes Université pour protéger la santé mentale des étudiants

Jeunes
Université Nantes - PSSM Formation

L’entrée dans l’âge adulte et dans la vie étudiante est une période parfois déstabilisante. Prévenir les troubles de santé mentale chez les jeunes, les repérer et agir au bon moment est important. Conscient de ces enjeux spécifiques, Nantes Université s’engage auprès de ses étudiants.

Enora Le Jeune - secouriste en santé mentale et Nantes Université

Entretien avec Enora Le Jeune, Vice-Présidente Solidarités et Santé Nantes Université et secouriste en santé mentale.

Comment Nantes Université s’engage dans la protection de la santé mentale auprès de ses étudiants ?

Tout d’abord, il est important de considérer la santé de façon globale, à la fois physique et mentale, car les deux sont étroitement liées. Nous agissons donc sur ces deux aspects à travers plusieurs actions concrètes :

Une vingtaine d’étudiants relais coordonnés par deux chargées de prévention au sein du service de santé des étudiants, sont formés aux PSSM et à différentes thématiques de santé publique : nutrition, activité physique et sportive, santé mentale, gestion du stress, sommeil, sexualité… Ils interviennent auprès de leurs pairs pour transmettre ces messages de prévention.

L’association Nightline, spécifiquement dédiée à la santé mentale, est une plateforme d’écoute en soirée et le week-end pour les étudiants. Ils peuvent y trouver un soutien, une écoute et être réorientés vers des professionnels si nécessaire.

La précarité financière, alimentaire ou de logement à un impact direct sur la santé mentale des étudiants. C’est pourquoi Nantes Université a mis en place plusieurs aides financières, comme le « Pass Énergie » ou le « Pass Numérique » pour soutenir ses étudiants en difficulté.

En plus de mettre des locaux à disposition, nous finançons également les épiceries sociales et solidaires présentes sur les campus.

En ce qui concerne le logement de nos étudiants, nous travaillons en partenariat avec le CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires), les bailleurs sociaux et les villes universitaires.

Nantes Université dispose d’un service de santé des étudiants depuis 2011, situé à Michelet. Depuis quatre ans, trois centres principaux et deux antennes permettent une couverture sur tous les campus. On y retrouve des infirmiers, des médecins généralistes, parfois spécialisés en gynécologie, ainsi que des psychologues et des psychiatres.

Nous proposons un accompagnement personnalisé pour les publics spécifiques, notamment les étudiants en situation de handicap. L’enjeu est de mieux les accueillir et de mieux accompagner. Les médecins du service de santé des étudiants peuvent, par exemple, adapter les temps d’études et d’examens afin de mieux répondre à leurs besoins.

L’isolement est un facteur aggravant des difficultés de santé mentale. L’université a donc un rôle important à jouer. Cela passe par l’organisation d’événements comme le festival de rentrée, qui accueille 5 000 à 6 000 étudiants chaque année, ou encore un festival de printemps autour de l’engagement. Les associations étudiantes jouent un rôle central : elles sont très actives, innovantes et inclusives dans leurs événements et leurs actions.

Les services universitaires sont aussi essentiels. Le SUAPSE (Service Universitaire des Activités Physiques Sportives et d’Expression) propose des activités physiques tout au long de la semaine, jusqu’à des horaires tardifs. Les bibliothèques universitaires ont étendu leurs heures d’ouverture jusqu’à inclure celles du soir et du week-end.

Nous proposons la formation de premiers secours citoyens (PSC) et surtout la formation PSSM à nos étudiants depuis juin 2021. Ce dispositif est soutenu par des financements de la CPAM et de l’ARS Pays de la Loire.

« Environ 2 000 étudiants ont été formés aux PSSM, soit environ 700 par an. Depuis deux ans, nous proposons également la formation PSSM au personnel, avec environ 175 personnes formées »

Enora Le Jeune, Vice-Présidente Solidarités et Santé Nantes Université et secouriste en santé mentale

Enora Le Jeune secouriste en santé mentale PSSM et Nantes Université

Ces formations répondent à des besoins concrets : comment réagir face à un étudiant en crise d’angoisse, en décompensation, ou comment assurer la sécurité de tous dans ces situations. Les enseignants, les employés de scolarité ou d’accueil sont particulièrement concernés et demandeurs.

Comment s’inscrit la formation PSSM dans la politique de l’université de Nantes ?

Nantes Université, c’est environ 45 000 étudiants et 5 000 employés. Elle regroupe l’ex-université de Nantes avec quatre grands pôles de formation : le pôle humanité, le pôle société, le pôle santé et le pôle sciences et technologies. Ces pôles regroupent chacun les facultés et les UFR (Unité de Formation et de Recherche).

À cela s’ajoutent plusieurs établissements : une école d’ingénieurs, l’École centrale de Nantes, ainsi que l’école des beaux-arts et l’école d’architecture.

Nous sommes un établissement public expérimental, avec des missions communes et des travaux communs. Le volet santé mentale en fait partie.

Dans ce cadre, Nantes Université déploie une politique de santé auprès de ses étudiants et de ses employés. Elle est clairement affichée dans notre lettre d’orientation stratégique et dans notre schéma directeur vie étudiante et de campus. Ensuite, de nombreuses actions en découlent : elles visent à améliorer les conditions de vie et de travail des étudiants comme des employés. Et parmi ces réponses concrètes, il y a effectivement la formation PSSM.

Quels troubles observez-vous le plus fréquemment ?

Chez les étudiants, les troubles anxieux sont très répandus. Plus globalement, les psychologues du service de santé des étudiants constatent une augmentation de la sévérité des troubles.

Certains étudiants arrivent tardivement en consultation, avec des traumatismes importants. C’est donc une réalité préoccupante, même si tous les étudiants ne sont pas concernés. Chez les salariés, les enquêtes internes montrent qu’environ 65 % se disent souvent ou toujours stressés, avec une légère augmentation par rapport aux derniers baromètres.

Cela peut être un stress ponctuel et stimulant, mais aussi un stress chronique et handicapant pour lequel nous nous devons d’être attentifs.

Cover podcast Le lien - santé mentale des adolescents

Vous êtes parent ou proche d’un adolescent et vous vous interrogez sur sa santé mentale, ses émotions, son comportement ou son éventuel mal-être ?

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D’un point de vue personnel, que vous a apporté la formation PSSM ? Avez-vous un exemple d’usage de la formation ?

La formation PSSM m’a permis :

  • d’en apprendre plus sur les différentes pathologies en santé mentale et de mieux comprendre certaines réactions ;
  • d’améliorer ma posture d’écoute pour adopter une écoute active, bienveillante et sans jugement ;
  • de prendre du recul et ne pas être intrusif ;
  • de permettre à mon interlocuteur de s’exprimer dans de bonnes conditions, pour ensuite l’aider et l’orienter.

Récemment, une collègue m’a fait part d’une situation de souffrance au travail. J’ai adopté une écoute active et bienveillante, sans minimiser sa situation et ses ressentis. Nous avons plutôt cherché ensemble des solutions.

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