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01 Déc 2025 Temps de lecture : 5 minute(s).

Restos du Cœur : des bénévoles formés au secourisme en santé mentale

Fondée en 1985 par Coluche, l’association Les Restos du Cœur voyait le jour comme un projet d’aide alimentaire, une véritable « cantine gratuite » pour les personnes les plus démunies. Avec l’évolution du paysage social en France, le mouvement s’est progressivement transformé pour devenir un symbole national de lutte contre la précarité.

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Les Restos du Cœur mènent désormais des actions complémentaires (accompagnement vers l’emploi, soutien administratif, aide à l’hébergement,…) pour lutter contre la pauvreté, l’exclusion et les inégalités sur l’ensemble du territoire.

Aujourd’hui, 78 000 bénévoles œuvrent partout en France pour accompagner les personnes démunies vers une réinsertion sociale. Parmi eux, 150 sont formés aux premiers secours en santé mentale – dont Catherine Dard, responsable bénévole du lieu d’accueil des Restos du Cœur à l’Île de Ré.


Interview de Catherine Dard, responsable bénévole des Restos du Cœur et secouriste en santé mentale

Catherine Dard, secouriste en santé mentale

En 2025, Catherine est devenue secouriste en santé mentale avec 15 autres bénévoles Charentais-Maritime. Grâce à un financement de la CPAM, cette session de formation était spécifiquement et exclusivement destinée aux Restos du Cœur.

Comment Les Restos du Cœur s’engagent-t-ils dans la protection de la santé mentale de leurs salariés et de leurs bénévoles ?

Le bien-être des bénévoles est une priorité aux Restos du Cœur. Des formations permettent de nous informer, et nous donnent la possibilité de nous orienter vers la ou les fonctions dans lesquelles on se sent bien.

Depuis plus d’un an, une ligne d’écoute a également été mise en place en interne. Certains ont du mal à prendre du recul face aux situations parfois tragiques des personnes accueillies – et c’est bien normal.


En tant que secouriste en santé mentale, comment intégrez-vous les compétences acquises lors de la formation dans votre quotidien professionnel ?  

J’ai une formation en psychologie, très ancienne maintenant. J’ai pu constater avec plaisir lors de cette formation que la vision de la santé mentale avait bien évolué.

Depuis toujours, je suis la personne à qui l’on vient se confier dans le centre de Saint-Martin. Peut-être parce que je suis responsable du centre, mais plus probablement parce que j’ai des capacités d’écoute et d’empathie importantes. Depuis la formation, je suis encore plus attentive aux non-dits et aux postures corporelles.

« Il est important que des bénévoles soient formés pour être en mesure de mieux comprendre certaines situations vécues par les personnes accueillies, d’anticiper leurs réactions éventuelles. Et surtout savoir, si besoin, les orienter vers les professionnels compétents »


Avez-vous un exemple de situation où la formation PSSM vous a été utile ? 

L’une des personnes que nous accompagnons a fait un AVC il y a plusieurs mois. Depuis, son quotidien est devenu encore plus compliqué. Elle est consciente qu’elle ne peut plus faire certaines choses comme avant, que ce soit prendre soin d’elle ou gérer ses finances. Elle développe aussi un syndrome de Diogène et vit dans un appartement devenu insalubre.

Elle est sous sauvegarde depuis quelque temps, mais elle refuse toujours l’idée d’entrer en maison de retraite. Ce serait pourtant la solution la plus adaptée pour qu’elle soit entourée, moins isolée et puisse retrouver une meilleure hygiène de vie.

Petit à petit, je l’aide à envisager cette possibilité. Elle avance à son rythme, même si cela prendra encore du temps. Je lui ai expliqué qu’elle se mettait en difficulté en restant seule, qu’elle s’isolait, et qu’elle pourrait sans doute être plus heureuse en étant accompagnée.

Y a-t-il un trouble psychique qui se manifeste plus particulièrement ou plus fréquemment chez les personnes accueillies  ?  

Nous accompagnons surtout des personnes âgées qui commencent à décliner, ainsi que des personnes bénéficiaires de l’AAH (l’Allocation aux Adultes Handicapés). Pour ces dernières, c’est souvent lié à des difficultés d’insociabilité ou à des troubles qui peuvent être accentués par une consommation d’alcool ou de stupéfiants.

D’un point de vue personnel, que vous a apporté cette formation de secouriste en santé mentale ? 

Je dirais que cette formation m’a surtout aidée à mieux repérer les situations de mal-être. J’ai vraiment eu le sentiment d’apprendre beaucoup. Je me sens désormais encore plus à l’aise avec les personnes en difficultés, pour adopter, autant que faire se peut, la bonne attitude.

Le saviez-vous ?
Vous êtes bénévole actif et vous souhaitez vous former au secourisme en santé mentale ? Vous pouvez bénéficier du Fonds Solidaire PSSM France.

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